Se sentir décalé

27 Mai 2025

Article écrit par Flavienne Sapaly
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Mail : flavienne.sapaly@humanart.fr

Coach Accréditée EIA Praticien senior et ESIA superviseur

Organisme de Formation Humanart certifié Qualiopi

Il y a des moments dans la vie où l’on se sent décalé. Où ce qui faisait sens, ce qui rassemblait, ce qui unissait… ne résonne plus. On regarde autour de soi, et on perçoit un décalage. Comme si l’on n’était plus tout à fait sur la même fréquence que notre environnement.

Ce sentiment n’est pas rare et il a parfois toujours été présent chez certaines personnes ;

Ce sentiment d’étrangeté, parfois douloureux, est souvent le signe qu’un chemin vers soi est en cours ou à faire. Une différenciation qui cherche sa place dans le monde. Carl Gustav Jung nous éclaire sur les étapes de ce processus qu’il nomme processus d’individuation : un mouvement intérieur qui nous pousse à quitter nos rôles, nos loyautés inconscientes, nos masques, pour nous rapprocher de ce que nous sommes profondément et oser exister dans le monde avec nos différences.

C’est un chemin exigeant. Et il ne va pas sans friction avec le monde extérieur qui nous voudrait « adapté ».

Mais attention : tous les sentiments de décalage n’ont pas la mème source.

Individuation ou rejet du cadre ?

Il est facile de confondre le décalage existentiel lié à l’individuation avec le rejet émotionnel du cadre.

Être en différenciation ne signifie pas être en opposition.

On peut se sentir décalé non pas parce qu’on s’est élevé intérieurement, mais parce qu’on est en lutte contre les règles, contre l’autorité, contre la norme.

Dans ce cas, c’est souvent la colère ou une blessure non digérée qui pilote le sentiment d’être “hors cadre”. Un sentiment de supériorité peut en découler.

Un chemin d’individuation véritable ne cherche pas à abolir les cadres, mais à revisiter sa manière d’y être. Ce n’est pas un refus du monde, c’est une redéfinition de notre façon d’y contribuer.

Se sentir décalé n’est pas un problème en soi. C’est une alerte. Un signal qu’un ajustement intérieur est en cours ou à faire.(ce qui ne signifie pas qu’il n’y a rien à dire ou faire à propos des incohérences/injustices de notre société).

Mais il vaut la peine de se poser une question honnête : Suis-je en chemin vers moi… ou en réaction à un monde que je n’arrive pas à intégrer sur lequel je projette mes blessures?

L’un construit. L’autre repousse. Et parfois, les deux coexistent.

La lucidité, serait d’en faire une alchimie. Pour que ce sentiment de décalage devienne une force d’émergence. Pas un exil subi. Et çà…c’est un chemin à part entière.

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