Et maintenant on va où ?
La rentrée, c’est le cartable flambant neuf des enfants, les projets à relancer, les objectifs et plans d’action des entrepreneurs à ajuster. Il faudrait maitriser, prévoir, anticiper…dans le brouillard.
Et si l’avenir appartenait à ceux qui ne savent pas ce qu’ils cherchent mais s’ouvrent à accueillir la surprise plutôt que prévoir le « pire » ou le plan « warrior »?
Accueillir la surprise
Dans un monde dominé par l’incertitude et un ralentissement d’activité pour certains, nombre d’entrepreneurs que je croise oscillent entre deux extrêmes : la perte d’espoir ou le repli sur le contrôle. À l’image de certaines figures emblématiques comme Elon Musk ou Donald Trump, notre époque semble promouvoir une volonté de toute-puissance, une croyance que l’on peut plier le réel à nos désirs, l’ordonner selon notre seule volonté.
En qualité de pratiquante de la marche itinéranté, j’expérimente régulièrement de partir sans réservation et sans préparation : et à chaque fois, je vis l’expérience que quoiqu’il se passe, la meilleure ressource qu’il soit m’est offerte; la liberté du « tout possible » en plus.
Charles Pépin[1] en parle avec des mots qui me touchent : «la surprise est souvent ce que la vie a de plus précieux à nous offrir, pour peu que nous sachions l’accueillir. Ce n’est pas l’abandon de toute ambition, mais le choix d’un rapport plus humble et poétique à l’existence. Un rapport où l’on ne cherche plus à changer l’ordre du monde pour le conformer à nos désirs, mais à nous rendre disponibles à ce qui ne correspond pas à notre attente. Voilà peut-être le vrai courage aujourd’hui. »
Personnellement l’expérience m’a montré que c’est souvent au détour d’une rencontre imprévue, d’un rendez-vous manqué, d’un hasard, que mes plus grandes idées et aventures ont surgis. Je me surprends à penser que la disponibilité pourrait devenir une vraie compétence : une capacité à accueillir plutôt qu’à imposer, à être traversé plutôt qu’à verrouiller.
Car c’est bien dans l’expérience, dans le mouvement, que se révèlent les désirs les plus vrais.
Entreprendre aujourd’hui, ce pourrait être cela : faire confiance à l’inattendu, faire avec la résistance du réel, et préférer l’inconnu au connu, la curiosité au contrôle, la présence à la prévision. Cela demande une confiance véritable en la vie….qui se développe en éveillant notre conscience.
Cela n’est pas un absolu et ne s’oppose pas à « avoir une vision ».
[1] « les vertus de l’échec », ed Allary, 2016


Article écrit par Flavienne Sapaly

