Chaque société possède son imaginaire collectif, chaque famille a son arrièremonde, chaque humain vit dans son univers de croyances. Si une petite part de nos pensées est le fruit de nos expériences, une large part est le fruit de nos constructions inconscientes.
Certaines de ces pensées sont érigées au sommet des grandes valeurs, d’autres portent le nom de certitudes, voire de dogmes, mais toutes, mêmes les plus futiles, pilotent notre rapport au monde et aux autres.
Elles creusent le sillon dans lequel nos perceptions s’engouffrent pour forger mécanismes intellectuels et habitudes auxquels nous nous identifions.

Peuton vraiment sortir de la prison de nos croyances ?

Dans un contexte sanitaire difficile, où la peur a parfois pris les commandes, beaucoup se sont réfugiés dans la niche de leurs certitudes et pressentiments.

A quoi pouvonsnous raccrocher si ce n‘est nos croyances, lorsque tout est trouble ?

Chacun utilise des éléments de réalité en en omettant d’autres dans le seul but valider ses propres croyances. Chacun prétend détenir la vérité et balaye celle de l’autre. Et tous ont raison, vu du prisme de leurs croyances.
Face à la multitude d’informations, qui peut détenir LA vérité ? Peutêtre même y en atil plusieurs en fonction de chacun et de son état de santé.
Mais combien ont cherché à explorer les fondements de leur raisonnement ?
Il me semble que c’est le rôle d’un explorateur de sagesse, d’aller audelà, de se dépouiller de ses certitudes pour vérifier, enquêter, mettre en lumière ce qui paraissait évident et qui finalement de l’est pas.

Avec cette crise de la Covid 19, nous assistons à une remise à plat de 3 grands récits qui ont gouverné le monde.
Le récit des religions qui ont rassemblés les hommes et comblé l’angoisse du vide face au sens de notre existence, ne font plus recette.
Le récit des idéaux politiques qui ont déçu tant et plus au fil des guerres assassines et des crises économiques.
Le récit de La science et la technologie qui étaient censés résoudre nos problèmes avec objectivité s’avère défaillante. La crise de Covid 19
 accélère la crise de conscience en s’apercevant que les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux. Quant au consumérisme et à l’argent, l’expérience tant à montrer qu’il procure plus de violence sur les personnes et la planète qu’il n’arrive à nous rendre heureux.

Alors, sur quelles croyances pouvonsnous nous rassembler aujourd’hui ?
Existetil des méthodes pour réinterroger nos systèmes de croyances ?

L’écologie et l’intérêt porté à protéger la nature dont nous dépendons tentent de constituer un 4e récit mais est déjà récupéré par le politique.Frédéric Lenoir et Nicolas Hulot(1) invitent à se rassembler derrière des valeurs de vérité, de justice, de solidarité, de liberté, de beauté. Ils proposent une révolution des consciences équivalente aux préceptes de Gandhi « soyez le changement que vous voulez voir advenir », car seule la conscience en s’éveillant peut changer nos croyances. Il ne s’agit pas seulement de vouloir changer l’extérieur mais nos intériorités.

Philippe Guillemant, ingénieur physicien français du CNRS, auteur du livre « le grand virage de l’humanité »(2), propose de croire en l’âme et au libre arbitre : face à une situation complexe chacun doit juger en son âme et conscience ce qu’il doit faire.

Byron Katie(3), auteure et conférencière américaine qui enseigne une méthode d’autoquestionnement connue sous le nom « Le Travail » nous
invite quant à elle à prendre simplement le temps de contempler nos pensées. L’idée étant que derrière toute souffrance, il y a une pensée qui refuse la réalité telle qu’elle est et voudrait changer ce qui se vit, sans en saisir le véritable bienfait.

Cette vision rejoint d’une certaine manière les travaux de Will SCHUTZ(4) qui propose de questionner le bénéfice que nous avons à croire ceci ou cela, avant même de changer quoi que ce soit.

Vous pourriez être très étonnés de combien ces simples façons de « se regarder penser » peut nous en apprendre sur nous même, nos dépendances, nos injonctions, nos protections et bien sur nos peurs.

En conclusion je dirai donc qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise croyance. Il n’y a aucune vérité extérieure à nous, mais il y a ce dont chacun de nous a « à répondre de ce qui le touche », en s’installant dans la certitude absolue que tout ce qui arrive est au service de l’évolution de la conscience.
C’est un acte de foi (qui n’est pas une croyance mais une confiance fondamentale issue de nos expériences individuelles de vie).